Choisir un PaaS, ce n’est pas simplement ajouter une brique technique de plus. C’est un choix qui va conditionner la façon dont vos applications tournent aujourd’hui, et surtout comment elles vont évoluer demain.
Face à la multitude de plateformes qui se présentent comme étant le « meilleur PaaS », on a vite fait de se perdre dans les comparatifs et les listes de fonctionnalités. Et même si, on le reconnaît, on est plutôt satisfaits de la place qu’y occupe Scalingo, ces comparaisons passent souvent à côté de l’essentiel.
La vraie question n’est pas de savoir quelle plateforme coche le plus de cases, mais laquelle correspond réellement à vos applications, à votre équipe et à vos contraintes.
Dans cet article, nous proposons une grille de lecture pragmatique pour choisir un PaaS. Pas de promesses marketing, mais des critères concrets, issus de situations réelles : organisation opérationnelle, montée en charge, sécurité, coûts, support et flexibilité dans le temps.
Avant de comparer des offres ou des tarifs, il vaut mieux commencer par une chose simple : votre contexte.
Un PaaS qui fonctionne très bien pour une petite équipe en phase de lancement peut rapidement devenir inadapté dès que le produit prend de l’ampleur. À l’inverse, une plateforme pensée pour des environnements très contraints peut être inutilement lourde au démarrage.
Au début, les priorités sont souvent claires : aller vite, limiter les frictions, éviter de passer du temps sur l’infrastructure. Puis, au fil du temps, d’autres sujets deviennent centraux : disponibilité, conformité, localisation des données, capacité à absorber la charge sans stress.
Quelques questions permettent déjà de cadrer le sujet :
Vous n’avez pas besoin d’avoir une vision parfaite dès le départ. En revanche, avoir une idée de ce qui compte aujourd’hui, et de ce qui risque de compter demain, vous permet d'éviter de choisir une plateforme que vous devrez contourner plus tard.
Avant d’aller plus loin, une question simple s’impose : le PaaS est-il compatible avec les technologies que vous utilisez aujourd’hui ?
Tous les PaaS ne supportent pas les mêmes langages, frameworks ou runtimes. Certaines plateformes font des choix techniques très ciblés, d’autres cherchent à rester plus généralistes. Ces différences ont un impact direct sur la facilité d’adoption et sur la charge opérationnelle à moyen terme.
Si votre équipe a déjà fait des choix techniques, migrer vers un PaaS ne devrait pas vous obliger à les remettre en cause. Il est donc utile de vérifier concrètement :
La stack ne se limite cependant pas au code applicatif. Pour la plupart des projets, les bases de données et les services associés sont tout aussi structurants. Beaucoup d’équipes souhaitent s'appuyer sur des bases managées comme PostgreSQL, MySQL ou OpenSearch pour éviter d’avoir à les exploiter elles-mêmes.
Le niveau d’intégration de ces services varie selon les PaaS. Lorsqu’ils ne sont pas proposés de manière native, leur exploitation retombe souvent sur l’équipe, avec un impact direct sur la charge opérationnelle.
Chez Scalingo, nous cherchons à limiter ce type de friction en supportant de nombreux langages, frameworks et services managés. Mais, quel que soit le fournisseur, le principe reste le même : un PaaS doit s’adapter à votre stack et à vos choix techniques, pas vous demander de les contourner.
On entend souvent dire qu’un PaaS « supprime l’ops ». Dans les faits, ce n’est pas aussi simple.
Un PaaS permet surtout de réduire la charge opérationnelle, mais pas de la même manière selon les plateformes. Certaines prennent en charge presque tout : l’infrastructure, la montée en charge, les mises à jour des runtimes, et une large part des opérations du quotidien. D’autres laissent plus de latitude à l’équipe, mais demandent aussi davantage d’implication.
Il n’y a pas de bon ou de mauvais modèle dans l’absolu. Tout dépend de votre organisation, de votre niveau de maturité et des compétences déjà présentes dans l’équipe.
Pour une petite équipe produit, sans expertise infrastructure dédiée, disposer de choix par défaut solides et limiter au maximum l’ops est souvent un vrai confort. À l’inverse, des équipes habituées à travailler avec des profils DevOps ou SRE peuvent préférer garder la main sur certains aspects, notamment lorsqu’il existe des contraintes spécifiques en matière de réseau, de sécurité ou de déploiement.
La vraie question est donc : jusqu’où souhaite-t-on déléguer ?
On peut grossièrement distinguer deux approches :
Un PaaS très managé, qui permet de démarrer rapidement et de réduire très fortement la charge opérationnelle, au prix d’une personnalisation plus limitée
Un PaaS plus configurable, qui offre davantage de contrôle et de flexibilité, mais demande aussi plus de décisions et de responsabilités côté équipe
Ce qui fait vraiment la différence entre deux PaaS, c’est la manière dont ils s’intègrent dans le quotidien des équipes.
Une fois l’application en production, l’expérience développeur se joue sur des choses très concrètes : déployer sans stress, comprendre rapidement ce qui se passe en production, corriger un problème sans passer des heures à chercher. Ces situations ont un impact direct sur la vitesse d’exécution, la fiabilité et la fatigue des équipes.
Pour évaluer cela, quelques points sont particulièrement parlants :
Il est aussi utile de regarder comment le fournisseur se comporte quand les choses se compliquent. Les incidents arrivent partout, et aucun PaaS n'est à l'abri. Ce qui fait la différence, c’est la qualité de la communication, la transparence pendant l’incident et la capacité à expliquer clairement ce qui s’est passé une fois la situation stabilisée (chez Scalingo cela s'effectue via nos "post-mortems").
Une application n’est jamais figée. Le trafic augmente, les usages évoluent, et ce qui fonctionnait au départ peut rapidement atteindre ses limites.
Il est donc essentiel de comprendre comment la plateforme gère la montée en charge en pratique. Quelques questions permettent de se faire une idée claire :
À mesure que l’application devient plus critique, la fiabilité devient également un enjeu central. Il est alors important de savoir si :
La sécurité et la conformité sont rarement les premiers sujets auxquels on pense lorsqu’on commence à évaluer un PaaS. En revanche, ce sont très souvent ceux qui deviennent bloquants plus tard.
Même si votre produit n’est pas fortement réglementé aujourd’hui, les exigences évoluent vite. Nouveaux clients, nouveaux marchés, nouveaux usages : ce qui était optionnel peut rapidement devenir obligatoire. Anticiper ces sujets dès le départ évite d’avoir à remettre en cause des choix structurants par la suite.
Plutôt que de se fier à des promesses générales, il est utile de regarder comment la sécurité est concrètement encadrée et auditée. Les certifications sont un bon indicateur du niveau de maturité d’un PaaS, en particulier sur les aspects infrastructure et opérations.
Certaines certifications sont particulièrement importantes à prendre en compte :
Dans les environnements réglementés, s’appuyer sur une plateforme déjà certifiée permet surtout d’éviter de reconstruire, en interne, des mécanismes de sécurité et de conformité lourds et coûteux.
La question des coûts est souvent celle qui fait hésiter le plus au moment de choisir un PaaS.
Beaucoup de plateformes semblent abordables au départ. Puis, avec le temps, l’usage augmente, le trafic progresse, les services managés deviennent indispensables et la facture évolue. C’est pour cette raison qu’il est important de raisonner en coût global, et pas uniquement en prix d’entrée.
Quelques points méritent d’être regardés de près :
Dans certains contextes, ces éléments font une vraie différence. C’est notamment le cas pour Heloa, une startup du secteur de la santé :
La flexibilité de la plateforme à long terme est tout aussi stratégique, et souvent plus difficile à évaluer au moment du choix.
Dans un environnement PaaS, le verrouillage fournisseur (vendor lock-in) ne vient généralement pas d’un élément isolé, mais de l’accumulation de choix techniques et opérationnels : services propriétaires, APIs spécifiques, workflows étroitement liés à la plateforme. Avec le temps, ces décisions structurent l’architecture et rendent un changement plus complexe.
Ce phénomène est particulièrement fréquent chez les grands fournisseurs cloud. Le recours à des services très intégrés peut permettre d’aller vite au départ, mais peut compliquer une remise en question ultérieure, notamment liée à une hausse des coûts.
L’objectif n’est pas forcément d’éviter toute forme de dépendance, mais de la comprendre et de l’assumer. Une question simple permet souvent d’y voir clair : si un changement devenait nécessaire, serait-il facilement maîtrisable, plutôt contraignant ou pratiquement impossible à court terme ?
Contrairement au prix, la qualité du support fourni est souvent reléguée au second plan lors du choix d’un PaaS...jusqu’au jour où un problème survient en production.
Au-delà de l’existence d’un canal de support, il est important de comprendre comment celui-ci fonctionne réellement. Quelques questions simples permettent déjà d’y voir plus clair :
Les modèles de support varient très fortement selon les fournisseurs. Certains s’appuient sur des équipes de premier niveau qui escaladent ensuite les incidents en interne. D’autres externalisent tout ou partie du support, avec des niveaux d’expertise très variables.
Chez Scalingo, le support a toujours été assuré, au moins en partie, par notre équipe d’ingénieurs. Ceux-ci se relaient au quotidien pour traiter les demandes, ce qui signifie que les personnes qui conçoivent et font évoluer la plateforme sont aussi celles qui accompagnent les utilisateurs. C’est une approche à laquelle nous tenons, et que nos utilisateurs apprécient, car elle favorise des réponses concrètes, adaptées aux situations réelles.
Pour des applications plus complexes ou sensibles, il est également important d’anticiper des besoins de support renforcés. Certains fournisseurs proposent des dispositifs de Maintien en Conditions Opérationnelles (MCO), incluant par exemple une disponibilité du support 24/7, de la supervision proactive, des équipes dédiées ou des engagements de SLA plus élevés. Ces options peuvent s’avérer déterminantes lorsque la disponibilité, la conformité ou la continuité de service deviennent critiques.
Aussi solide qu’un PaaS puisse paraître sur le papier, rien ne remplace un test en conditions réelles.
La plupart des fournisseurs proposent des crédits gratuits ou une période d’essai. C’est l’occasion de mettre en place un proof of concept avec une application représentative, ou à défaut un projet proche de vos usages réels. L’objectif n’est pas de tout tester, mais de vérifier l’essentiel.
Cette phase permet notamment de se confronter à la réalité du quotidien : la facilité de déploiement, le comportement de la plateforme sous charge, la qualité de l’observabilité, ou encore la réactivité du support lorsque vous avez une question ou un souci concret.
Un POC court et ciblé suffit souvent à lever beaucoup d’incertitudes. C’est aussi l’un des meilleurs moyens de vérifier si une plateforme correspond réellement à votre manière de travailler, avant de s’engager sur des workloads de production.
Si vous souhaitez aller plus loin et voir comment ces principes peuvent se traduisent concrètement, vous pouvez essayer notre Platorm-as-a-Service (PaaS), Scalingo gratuitement pendant 30 jours. C’est une manière simple de découvrir notre approche du PaaS, et de voir si elle correspond à votre équipe et à vos usages.
Chez Scalingo, nous prenons volontiers le temps de discuter de vos contraintes, même si cela signifie parfois vous orienter vers une autre solution. N'hésitez donc pas à contacter nos équipes !